Les lacs du Connemara : De la chanson à la nature sauvage

Par Olivier
Dans Culture
Juin 12th, 2017
3 commentaires
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Que vous soyez fan de l’Irlande ou non, que vous ayez déjà visité le Connemara ou non, vous avez certainement déjà fredonné la célèbre chanson de Michel Sardou, et ses fameux lacs du Connemara. Au-delà des belles paroles riches en émotions et en références, la chanson de ce chanteur français connait également quelques clins d’œil et anecdotes, je vais vous en dire un peu plus à ce sujet.

Êtes-vous certains de connaître la chanson ? Voyons cela.

 

Comment a été écrite la chanson de Sardou ?

Tout d’abord vous devez savoir que Sardou n’a pas écrit cette chanson seul, et surtout, qu’il ne souhaitait même pas la garder après l’avoir écrite.

La chanson a été écrite et composée à Saint-Georges-Motel, chez Michel Sardou. À cause d’un long voyage, le synthétiseur Sequential Prophet 10 de Jacques Revaux donnait un son proche d’une cornemuse, ce qui donna l’idée à Michel Sardou d’écrire une chanson écossaise. Comme ni lui, ni Pierre Delanoë ne connaissaient l’Écosse, Delanoë partit trouver des brochures sur ce pays, mais revint avec une documentation touristique sur l’Irlande. Le texte s’inspire finalement du film L’Homme tranquille de John Ford, en traitant d’un mariage irlandais et illustrant le conflit entre protestants et catholiques en toile de fond. La chanson durait 6 minutes, c’est pourquoi Sardou décida de ne pas donner suite, cependant son compère réussit (heureusement) à le convaincre de la garder.

 

La chanson, fidèle à la réalité des lieux ?

Bien que tirée d’une brochure, la chanson est parfaitement en phase avec la réalité de la région, aussi sauvage et parfois inhospitalière que fascinante et agréable. Comme Sardou l’indique, il est bel et bien question d’une région très venteuse (Terres brulées au vent des Landes de pierre), puisque la région est située aux abords de la côte Atlantique, il est certain que les vents marins vont vous laisser un mauvais arrière-goût si vous avez la fabuleuse idée de ramener votre petit parapluie. Car oui, bien sûr il s’agit d’une région où il pleut assez souvent, pleine de brouillard par temps humide et très nuageuse. Il est assez rare de voir du soleil, mais si vous avez de la chance, impossible n’est pas irlandais.

Concernant les lacs, il n’y a pas de doute possible à ce sujet, la région est très célèbre pour ses étendues d’eau, où vous pouvez si vous êtes très courageux, vous baigner et peut être croiser Maureen nue dans l’eau… Si si, elle est toujours dans l’eau apparemment, allez donc vérifier par vous-même haha !

 

Quid du conflit catholiques / protestant et Irlande / Angleterre ?

Là encore ce n’est un secret pour personne, l’Irlande est un pays très catholique encore aujourd’hui, par exemple les préservatifs n’ont été autorisé qu’aux alentours des années 1990 et l’IVG (avortement) n’est pas légalisé encore en 2017. Le background religieux est aussi très visible lorsque l’on voit le nombre d’églises et cathédrales… Tout au long du XXème siècle, une guerre sans merci a ravagé l’Irlande (tout comme lors des siècles précédents me direz-vous) opposant les catholiques et les protestants, qui déboucha en une République laïque (l’Irlande du Sud). L’Irlande du Sud a été créée lorsque les irlandais se sont défaits de l’emprise anglaise et ont gagné leur indépendance, c’est d’ailleurs à cela que font référence les paroles :

Là-bas au Connemara

On sait tout le prix de la guerre

Là-bas au Connemara

On n’accepte pas

La paix des Gallois

Ni celle des rois d’Angleterre

L’Irlande du Nord n’avait pas réussi (ou souhaité) se défaire de cette emprise, d’où la scission entre ces 2 pays.

 

Par ailleurs, pour l’anecdote, afin de vous illustrer le climat entre les irlandais et les anglais, aujourd’hui encore les guerres du passé peuvent refaire surface. À mon arrivée sur Dublin, j’avais pour habitude de porter une veste achetée en France, cependant un jour un irlandais m’avait demandé pourquoi je portais cette veste dans les rues de Dublin, que ce n’était pas très bien vu ici, j’ai demandé pourquoi : il y avait écrit “London” dans le dos de la veste. J’ai du coup laissé la veste au placard depuis ce jour, mais cela montre bien qu’il vaut mieux éviter les symboles anglais, un peu comme porter un maillot pour l’Olympique de Marseille en se baladant à Paris, même si heureusement, je n’ai jamais été caillassé dans Dublin pour cette veste haha !

 

La chanson de Sardou évoque aussi le caractère tranquille, reposant et sauvage du comté du Connemara, des chevaux qui peuplent certains environs et certaines îles aux alentours, d’un certain monstre qui sort certains soir d’été pour replonger pour l’éternité (parlerait-on de Nessie nageant dans le Loch Ness par hasard ? Ça m’en a tout l’air).

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3 de réponses vers “Les lacs du Connemara : De la chanson à la nature sauvage”

  1. […] plus que la Maureen et le Sean Kelly de Michel Sardou n’ont qu’à bien se tenir, car le Connemara est une terre qui inspire et qui donne envie de […]

  2. […] assez typique de l’Irlande à ne pas manquer lors de votre séjour en Irlande. Comme dans la chanson de Michel Sardou « des nuages noirs qui viennent du Nord colorent la terre, les lacs et rivières, c’est le […]

  3. Richard E dit :

    C’est une de mes chansons préférées, qui dépasse même au jour d’aujourd’hui les barrières de la France. Je viens tout juste de réserver mes billets sur le site Ticketmaster pour le 25 novembre prochain à l’Aréna Loire. Il m’impressionne toujours malgré les années !

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