L’histoire du Bloody Sunday de 1972 en Irlande du Nord

Par Olivier
Dans Culture
Jan 15th, 2020
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Vous avez surement déjà entendu parler du Bloody Sunday. Ce terme désigne à la fois un dimanche noir à Sydney, durant lequel de nombreuses personnes ont péri pour cause de noyades sur la célèbre plage de Bondi beach, mais l’évènement donc on va parler fait référence à une tragédie qui s’est déroulée le dimanche 30 janvier 1972, en Irlande du Nord.

Voici tout ce que vous devez savoir sur l’histoire du Bloody Sunday.

Les faits

L’expression Bloody Sunday désigne un triste épisode qui s’est déroulé le dimanche 30 janvier 1972 à Derry en Irlande du Nord. Ce jour là, une marche pacifiste fut organisée par la NICRA afin de protester contre les arrestations injustifiées et les emprisonnements sans procès. À cette époque, une interdiction de toutes les manifestations avait été prononcée depuis quelques jours. Sous domination britannique, les organisateurs ont demandé l’autorisation d’effectuer cette marche, et  le gouvernement britannique donna son autorisation jusqu’à une certaine zone.

La foule protestant le 30 janvier 1972

Afin d’encadrer la foule, le gouvernement britannique avait mobilisé la police, les parachutistes de l’armée et divers équipements militaires.

La marche rassembla 10 000 personnes, et se déroula sans encombres au début. Cependant, face à la police déployée en masse, la foule commença à s’agiter (un peu comme les gilets jaunes en France, en 2019) et des jets de pierres commencent. La police répond alors avec des balles en caoutchouc, et l’un des leaders s’écroule  alors, blessé par une balle (pas mortellement).

Scène du Bloody Sunday

L’engrenage

S’en suit alors une escalade de la violence sur place, de part et d’autres, et c’est alors que le massacre commence, malgré un appel au calme des leaders, mais qui n’ont pas beaucoup d’impact sur une foule remontée.

La police commença alors à tirer à balles réelles sur la foule, et de là vient la triste réalité de cette journée : 14 morts du côté des militants, ainsi que 14 blessés par balles qui ont survécu. Du côté de l’armée ou de la police, on n’enregistre aucun mort.

Un parachutiste et un manifestant du Bloody Sunday

Comme toujours lors de ce type d’événements, deux versions existent:

Selon les britanniques, les parachutistes auraient essuyé des tirs de la part de l’IRA auxquels ils auraient riposté,

Selon les manifestants, l’armée britannique a délibérément tiré sur la foule désarmée.

Après le massacre

Toutefois, selon les enquêtes qui ont succédé, les personnes tuées n’étaient que des manifestants, n’étaient pas armés et aucune trace d’explosifs n’a été retrouvée sur eux.

De plus, certaines sources affirment que les forces armées tiraient sur la foule sans cibles précises, en tirant dans le tas.

Certains soldats avoueront même avoir menti lors de leurs dépositions précédentes et reconnaîtront que les victimes étaient désarmées.

Manifestants portant secours à un blessé

Aujourd’hui

Afin d’illustrer cet évènement, et en guise de mémorial en souvenir des personnes tombées ce triste jour, des peintres ont réalisé des fresques murales dans un quartier à Belfast. Vous pouvez par exemple y retrouver le célèbre “Petrol Bomber” (voir la photo ci-dessous).

Le terme Bloody Sunday vous rappelera aussi certainement la célèbre chanson “Sunday, Bloody Sunday” du groupe U2, qui porte justement sur cette journée noire.

En vous baladant à Belfast vous pourrez donc découvrir certains souvenirs d’un événement qui rappelle fortement les évènements d’Ukraine, lorsque le peuple protesta contre le refus du gouvernement de rejoindre l’Union Européenne. Un très bon film existe à ce propos, intitulé “Winter on fire”, je vous le recommande.

Petrol Bomber


Si vous souhaitez visiter Belfast, je vous recommande de jeter un oeil à mon guide sur le parfait week end touristique à Belfast.

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